Ancien élu, Maire et Député UDF, toujours passionné par la politique et la France, je souhaite apporter ma contribution à tout ce qui touche à l'avenir de mon pays.
Dans une interview de ce jour, François Bayrou déplore la "présidence de complaisance" incarnée à ses yeux par Nicolas Sarkozy tant sur le plan diplomatique que par ses relations avec de très gros intérêts économiques. Il en appelle à une France en situation de résistance pour défendre un modèle face aux puissances de la planète et fait référence à Jacques Chirac "qui a su tenir le drapeau de la France à la hauteur".
Je crois rêver !! Parle-t-il en son nom ou au nom du Modem parmi lequel de nombreux anciens adhérents de l'UDF qui n'ont pas oublié la ligne de politique étrangère de celle-ci depuis de nombreuses années ?
J'aimerais d'abord que François Bayrou m'explique clairement ce que c'est d'être une France en résistance à l'heure de l'Europe, de la mondialisation et d'internet.
Je crois que sa volonté d'apparaître comme le premier opposant à Nicolas Sarkozy dans sa course face au PS pour 2012 lui fait renier les idées et l'histoire de sa première famille politique, l'UDF, celle de Jean Lecanuet (dont l'altantisme n'était pas à démontrer), celle de Valéry Giscard D'Estaing et de Raymond Barre.
En dehors de sa position sur l'Irak, et il faut bien sûr lui en être reconnaissant, je ne vois pas ce que Jacques Chirac a apporté à la France, en dehors de son immobilisme tant en politique intérieure qu'extérieure dont la pire des conséquences fut l'échec de la Constitution Européenne en 2005...Mais croyait-il vraiment à l'Europe et au texte qu'il soumettait aux français ?... Et que dire de sa politique africaine de complaisance pour les régimes corrompus issus des années 60... Quand à l'émergence de la Chine , de l'Inde et des pays d'Amérique du Sud, il est resté sur le quai de la gare à voir passer le train de la mondialisation et nos entreprises avec...
Au cours de la dernière semaine, François Bayrou a eu raison de souligner son inquiétude à propos des paroles de Nicolas Sarkozy sur le rôle des religions et sa notion de "laïcité positive". En matière de politique étrangère, je crois qu'il a tort et je regrette, sur ce thème, son reniement au niveau des idées et ses prises de positions systématiquement négatives dont on sent bien qu'elles sont dictées par la tactique politique.
Alors, cette rupture là, je l'approuve. Dans le monde actuel, entre naïveté et pragmatisme, je n'hésite pas.