Ancien élu, Maire et Député UDF, toujours passionné par la politique et la France, je souhaite apporter ma contribution à tout ce qui touche à l'avenir de mon pays.
La visite du Président libyen ne me remplit pas d’enthousiasme et pourtant, au risque de déplaire, je ne la condamne pas et la signature des contrats, même si cela favorise notre économie, n’en est pas la raison.
Que les choses soient claires. Kadhafi a-t-il géré un état terroriste. OUI. Le peuple libyen vit-il sous une certaine forme de dictature. OUI. Devons-nous rester vigilant vis à vis de ce personnage. OUI.
Ceci étant dit, fallait-il ne pas le recevoir comme un chef d’Etat. NON. Depuis 2003, le président libyen essaie de faire rentrer son pays dans la normalité internationale et a multiplier les gestes en ce sens. Depuis 2003, la quasi-totalité des chefs d’Etat européens et mondiaux se sont rendus en Libye et commercent avec elle. En leur temps Mitterrand et Chirac l’ont déjà rencontré plusieurs fois dans des conditions de situation internationale bien plus délicates.
Aujourd’hui, même l’Association des victimes du DC-10, par l’intermédiaire de son Président, ne condamne pas cette visite bien que le souvenir de l’attentat reste présent dans leur mémoire. D’autant que Nicolas Sarkozy a promis de les recevoir. Elle y voit même un espoir pour le peuple libyen.
Rejeter le Président libyen reviendrait effectivement à rejeter la Libye et son peuple, qui n’en a pas besoin, vers l’isolement et ses vieux démons. Je sais que pour beaucoup, c’est difficile à accepter, mais dans ces conditions, il n’aurait pas fallu non plus accueillir Arafat, grand terroriste en son temps, et qui était devenu au fil du temps le chou chou de la France ni de garder des contacts avec la Syrie qui n’a pas hésité à faire assassiner un ambassadeur et à faire sauter un immeuble au Liban rempli de militaires français. On peut parler également de l’Arabie Saoudite (wahhabite) ou d’autres pays du Moyen-Orient dont on sait qu’ils sauvegardent leur régime en achetant leur tranquillité vis à vis du terrorisme à coup de pétro-dollars. Et que dire de nos relations depuis des années et sous tous les gouvernements avec certains présidents africains, voire chinois ou russes dont la conception de la démocratie n’est pas non plus dès plus recommandable !
Enfin, je crois que l’ambition d’une zone d’Union méditerranéenne est louable. Peut-on la faire sans intégrer la Libye ? Ce serait illogique.
Une politique étrangère ne se juge que sur le long terme quand il s’agit d’établir la paix et de promouvoir la démocratie. Sarkozy n’a pas hésité a parler des Droits de l’Homme en Chine, des actes criminels de part et d’autre en Algérie. Avant de porter un jugement définitif, j’attends dans l’immédiat lors de cette visite les paroles qui seront prononcées par les deux chefs d’Etat. Je n’entrerais pas plus dans l’à priori ou dans la polémique politicienne des habituels donneurs de leçons et "leur vérité" toute faite.