Réformes

Mercredi 22 octobre 2008

Après celle de 1982, la loi constitutionnelle de 2003 puis les lois organiques de 2003/2004 se sont arrêtées au milieu du gué de la décentralisation en n’abordant pas la restructuration  nécessaire de nos collectivités en simplifiant le nombre des niveaux de responsabilités avec une nouvelle organisation territoriale.

 

Ancien élu de la ville nouvelle de Marne la Vallée, je puis vous dire que l'imbroglio est total et les responsabilités incompréhensibles. Alors tout le monde s'adresse au Maire qui n'en peut....Entre la commune, le Syndicat d’Agglomération Nouvelle, les Syndicats intercommunaux, le Conseil Général, le Conseil Régional, les organismes d'Etat et même l'Europe, le maquis  des responsabilités est infranchissable pour le commun des administrés. Et ce qui se passe à Marne la Vallée est à l’identique dans toute la France où l’on trouve d’autres structures comme les communautés urbaines pour les grandes villes, les communautés d’agglomération ou de communes ailleurs, ou les Pays pour les zones rurales.

 

Cela a pour conséquence notamment:

- des pertes de temps et d'énergie énormes pour l'usager comme pour les collectivités

- une dilution des responsabilités

- une administration paperassière démultipliée lors de la constitution des dossiers et pour l'obtention des financements croisés: autant de fois le même dossier que de responsables et de financeurs...et donc des surcoûts énormes et une lourdeur décisionnelle dans le temps

- le non respect des territoires de compétence s'est peu à peu développé, les élus trouvant toujours de bons prétextes pour étendre leurs actions dans un but électoral avec un surcoût des finances locales.

- un accroissement énorme des personnels de la fonction territoriale alors que les fonctionnaires d’Etat ne diminuaient pas malgré les transferts de compétence

-  les deux derniers points entraînant de facto, avec un désengagement constant de l’Etat (de droite comme de gauche) une inflation de l’imposition locale

 

J’estime que si une réforme est indispensable, c’est bien celle-là. Et tout le monde s’accorde sur les objectifs à atteindre:

- simplifier les niveaux administratifs et redéfinir les compétences de chaque entité

- affecter des ressources fiscales propres à chaque entité pour les rendre moins dépendant de l’Etat et accroître la responsabilité des élus. Et qu’on en finisse enfin avec cette excuse perpétuelle du désengagement de l’Etat pour justifier la hausse des impôts locaux.

A titre personnel, j’avais envoyé quelques modestes idées à la Commission Attali que je me permets de remettre ici :

-pour les communes, les inciter à tendre plus fortement vers l'intercommunalité pour une meilleure recherche de l'efficacité, de moindre coût et de répondre aux besoins de la population.

- supprimer les Conseils Généraux  au niveau politique pour ne garder que le Conseil Régional et faire de même pour les organismes d'Etat départementaux en ayant des antennes par arrondissement sous la responsabilité du Sous-Préfet actuel ou d'un Préfet d'arrondissement dépendant du Préfet de Région..

- examiner l'utilité réelle des centaines organismes et Agences parallèles créés par les collectivités locales ou par l'Etat

- redéfinir strictement les limites de compétence et les modes de représentation. Exercer un contrôle strict sur ces limites par l'autorité de tutelle

- remettre à plat la fiscalité locale notamment la taxe d’habitation injuste et obsolète

La Commission Attali a fait des propositions très complètes qui dans leur majorité devraient  être appliquées.

 

Le président de la République vient d’installer ce mercredi 22 octobre, la commission Balladur chargée de faire des propositions. Malgré ses déclarations sur « nécessité impérieuse et l’urgence manifeste », les premières attitudes me font craindre que la Commission n’accouche d’une souris.

 

Tout d’abord celle d’Edouard Balladur qui a estimé de son côté que plutôt que la suppression d'un échelon, comme le recommandait la commission Attali (sur 10 ans), il préfère parler "de coopération plus étroite entre deux échelons". Cela me paraît bien timide comme approche ou est-ce la prudence verbale légendaire  de l’ancien Premier pour ne pas heurter dans l’immédiat les susceptibilités ?

Ensuite, le fait que les députés d’un côté et les sénateurs de l’autres créent leur propre commission de réflexions et de propositions sur le sujet. Si c’est pour apporter une contribution positive à la réforme tant mieux, si c’est pour jouer les contre-feux dans le but de sauvegarder le pré carré des élus territoriaux, on s’en rendra vite compte. La position du Sénat, représentant constitutionnel des collectivités territoriales sera à cet égard décisive. Quand on voit le conservatisme qui y a régné jusqu’à ce jour sur le sujet, je suis inquiet. Nous verrons bien si le nouveau Président du Sénat Gérard Larcher mettra en application sa vision « moderne » de l’institution et de sa représentativité.

Nous sommes au début des grandes manœuvres politiques, car ce dossier est éminemment politique. Pourtant la France ne peut attendre, ses finances et son endettement non plus. Dois-je rappeler que l’endettement des collectivités territoriales est plus important que celui de l’Etat. Même si cet endettement est lié exclusivement à l’investissement, comme l’Etat, elles ne sauraient se soustraire à l’effort de redressement financier national.

Risque politique et dossier explosif, c’est certain. Malgré leurs difficultés, les Français subissent bon gré mal gré les réformes qui ont été faites. Il est de la responsabilité des élus (dont j’ai été) de démontrer qu’eux aussi sont prêts à changer et à remettre en cause l’esprit de clocher, de faux arguments comme la remise en cause supposée des services à la population, les prérogatives et  les avantages liés à leur statut, pour privilégier l’intérêt général.

Par jeff77
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Jeudi 25 septembre 2008

Je n’épiloguerai pas le bilan de la crise financière mondiale. Tout le monde la connaît et est en mesure de condamner les pratiques actuelles des milieux financiers mondiaux. Le président a dit la vérité aux Français quitte à subir les critiques qui ne manqueront pas, et à juste titre, par rapport à ses promesses électorales sur le pouvoir d’achat et la croissance : la France subit la crise et ce n’est pas fini.

 

Je n’épiloguerai pas non plus sur la nécessité de construire un nouveau capitalisme mondial d’entreprise avec ses règles, en opposition au capitalisme financier sans garde-fou. Cela risque d’être long et délicat, déjà au sein de l’Europe (mais il semble que le couple franco-allemand soit au diapason ce qui est crucial) et ensuite au niveau mondial. Encore faut-il au moins poser la question mais rien ne pourra être envisagé avant l’élection du nouveau Président des Etats-Unis.

 

Ce ne sont pas des larmes et du sang qui nous attendent mais malgré tout des difficultés sérieuses avec une stagnation du pouvoir d’achat et un risque d’augmentation du chômage dans les mois qui viennent.  Le président a voulu rassurer les Français sur leurs économies et sur l’effort de solidarité envers les plus faibles dans ces moments difficiles. Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr et sa côte de popularité risque de subir quelques aléas dans les prochaines semaines. Pour moi, c’est secondaire. Je n’ai pas voté pour lui pour sa côte de popularité mais pour la nécessité de réformer la France.

 

Et je ne suis pas déçu. Il persiste dans sa volonté de poursuivre les réformes et j’apprécie :

 

Réforme hospitalière

Réforme des collectivités locales et des strates administratives

Confirmation  de 30600 emplois publics de moins en 2009

Réforme de la taxe professionnelle qui pénalise l’investissement et sa suppression à terme

Mise à plat de la formation professionnelle et de sa gabegie financière

Suppression des parachutes dorés en cas d’échec des dirigeants d’entreprise

Privilégier le capitalisme d’entreprise au détriment du capitalisme financier

Avoir une juste répartition des bénéfices des entreprises entre les actionnaires et les salariés

Diminution dès que possible de la taxe RSA

Confirmation de l’application du Grenelle de l’environnement et du système du bonus malus

 

Pour mettre en œuvre ces réformes, le Président  a la chance d’avoir un relatif calme syndical et surtout une gauche engluée dans ses combats de personnes et donc inaudible au niveau des idées. Reste le trublion François Bayrou, bien seul sur le terrain, qui se démultiplie comme un beau diable au niveau des médias, mais dont les orientations économiques sont moins éloignées de celles de Nicolas Sarkozy que de celles du PS. Et bon nombre de ces mesures étaient dans le programme présidentiel du candidat Bayrou.

 

Tout ça ne coûtera pas un sou au budget, voire lui fera même faire des économies… Bref, ça me va…

Mais il va falloir encore bousculer les immobilismes et les conservatismes, y compris dans sa propre majorité UMP et la tâche va être rude.

Par jeff77
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Lundi 22 septembre 2008

La crise immobilière au Etats-Unis aura au moins eu le mérite de mettre à jour le  cynisme  de l’ultra libéralisme financier et, je l’espère, de sonner le glas d’un système bancaire international qui a dérivé au fil du temps vers l’immoralité la plus totale.


La dérive du système bancaire international a consisté à se détourner progressivement de son objectif initial
 : celui participer à la croissance mondiale et au développement des entreprises, pour ne se préoccuper que de celui de sa propre croissance. Parallèlement, pour se couvrir des risques potentiels,  il n’a eu de cesse de créer des outils et des produits de plus en plus complexes pour les diluer. De telle sorte que souvent, plus personne ne savait très bien ce qu'il y avait à l'intérieur de ces produits et où ils atterrissaient à travers le monde. Certaines banques ou fonds d’investissement se sont pris pour des casinos et dans beaucoup de cas, les agences de notation, chargées de surveiller leur solidité, ont totalement failli probablement parce qu'elles ne comprenaient plus exactement ce qu'elles notaient.

 

Le système est donc devenu un immense château de carte mondial. Si une carte tombait, c’est tout l’édifice qui s’écroulait entraînant le monde dans la pire crise financière de tous les temps par ses conséquences. Cela serait arrivé la semaine dernière s’il n’y avait eu l’intervention en catastrophe, des autorités américaines qui ont prévu « d’étatiser »  » les créances douteuses (les pertes)  de tous organismes financiers des Etats-Unis pour un montant variant entre 700 et 1000 milliards de $. Au pays du libéralisme, un comble !!....

 

Et c’est là qu’est la première phase de l’immoralité et du cynisme du système. Mis à part des sanctions pour quelques dirigeants (ils s’en remettront), c’est le contribuable américain qui va devoir supporter cette charge. Pour certains, c’est la double peine : la peine immobilière et la peine financière. Les instances financières et politiques qui ont permis un tel système au Etats-Unis s’en tireront sans une égratignure.

 

La deuxième phase de cette immoralité, est que la crise financière internationale induite par les désordres du marché financier américain va entraîner un ralentissement économique sur l'ensemble de la planète. Le scénario catastrophe passé,  la crise n’est pas pour autant terminée tant que de nouvelles règles internationales allant vers une plus grande transparence et un meilleur contrôle du système ne seront pas établies. En attendant, le monde va en subir les conséquences par une fragilité latente des marchés et une faiblesse de la croissance plus longue que prévue initialement.

 

L’Europe et la France ne vont pas  y échapper. Les états européens doivent donc resserrer davantage leur coopération dans le contrôle du système et la BCE revoir sa position sur les taux, l’inflation semblant jugulée,  surtout en cas de faiblesse du dollar. J'espère également que la Banque Européenne d'Investissements qui se réunit cette semaine présentera un plan d'aide spécifique aux entreprises.

 

En France,  deux questions principales se posent : comment rétablir la confiance au sein du système bancaire pour qu’elles puissent s’engager sans réticence auprès des entreprises et que faire pour atténuer les conséquences de cette crise pour l’économie et les français. Les marges de manœuvre du Président qui doit faire un discours sur le sujet sont des plus limitées. Après avoir promis la croissance et la hausse du pouvoir d’achat, les français attendent aujourd’hui un langage de vérité sur la situation française.

 

De ce discours mardi prochain à Toulon, j’attends donc en priorité une orientation claire et nette en matière économique et budgétaire, de même des mesures permettant d’appréhender les conséquences de cette crise sur les établissements financiers français et d’y établir la plus grande transparence et une évaluation claire de leurs pertes éventuelles.


La situation budgétaire pour 2009 va être difficile et l’objectif d’équilibre à l’horizon 2012 de plus en plus délicats à atteindre si la croissance est retardée. L’Etat va devoir donner l’exemple, se serrer un peu plus la ceinture et encore améliorer sa productivité. Si aides il doit y avoir c’est en priorité désormais de dynamiser nos entreprises notamment les PME/PMI. Pour ce faire, je pense que la Caisse des Dépôts ou autres organismes d’investissement doivent aussi y être incités.


Quand aux réformes, elles doivent évidemment se poursuivre, voire s’accélérer : équilibre des comptes sociaux et réforme hospitalière, aménagement du territoire et simplification des strates administratives, réduction des dépenses publiques. Par ailleurs, les collectivités locales ne doivent pas s’exonérer de participer à cet effort de productivité sous le prétexte bien commode du désengagement de l’Etat.

 

Durant la campagne de 2007, le candidat Sarkozy avait estimé qu' "il fallait moraliser le capitalisme financier". Il avait également dit qu’il fallait dynamiser notre économie en la faisant respirer pour améliorer  son offre, sa compétitivité permettant ainsi de donner du travail et du pouvoir d’achat à nos concitoyens.

La crise ne lui facilite pas la tâche… Mais comme l’on dit : « C’est au pied du mur… »…..

Par jeff77
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Dimanche 31 août 2008

Mis en place à titre d’essai dans quelques départements, il a prouvé son efficacité de réinsertion dans le monde du travail, ce que le RMI n’a jamais su faire et il ne faut pas confondre assistanat et solidarité.

Le RMI est  la mesure emblématique de l’assistanat et de ses méfaits. En effet les bénéficiaires n’avaient pas en général intérêt à reprendre une activité car ils perdaient les droits et les aides diverses qui lui étaient associés et de ce fait gagnaient moins. En parallèle de l'application du RSA, le RMI doit être rebaptisé, modifié et dorénavant se limiter à la solidarité envers ceux qui de par leur parcours ou de leur situation  ne peuvent prétendre dans l’immédiat retrouver un travail.

Tout le monde s’accorde à saluer le RSA. Son financement par contre fait polémique et on trouve des avis pour le moins cocasses à gauche comme à droite. Pour ma part, j’aurais préféré, par principe, que son financement soit trouvé par une diminution des dépenses et non par l’instauration d’une taxe supplémentaire. Mais bon, prélever 1,1% sur les revenus des valeurs mobilières ou sur les revenus liés à des loyers ou des rentes ne me choque absolument pas. Je le dis d’autant plus aisément que je suis touché à titre personnel par cette mesure.

A titre d’exemple, une personne qui a 50 000 € placés sur une assurance-vie qui lui rapporte 6% se verra prélevé de 33 € par an. Il n’y a quand même pas de quoi crier au scandale.


Reste la perturbation politique que provoque le RSA. La gauche est gênée, approuve du bout des lèvres et se contorsionne pour y déceler une faille. Vous pensez, une mesure de gauche appliquée par la droite, c’est intolérable !! Par ailleurs, certains députés à l’UMP s’offusquent du mode financement. Ils savent pourtant que les caisses de l’Etat sont vides, que la conjoncture est mauvaise et que le budget de la France ne pouvait supporter un accroissement du déficit deplus d'un milliard d'euros. Et je rappelle que l’on ne taxe pas le capital mais les revenus de ce capital. Je souhaite de plus que ce prélèvement ne soit pas inclus dans le bouclier fiscal. Cela anéantirai l'image sociale de cette mesure et l'exécutif et le gouvernement en paieraient immédiatement le prix à juste titre.


Pour moi, le RSA était une mesure nécessaire et urgente. Son financement ne pouvait attendre que les réformes de structures engagées ou à venir fassent leur effet au niveau du budget, de plus dans un contexte économique difficile. Souhaitons simplement comme le préconise le Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, mais sans trop y croire, que son financement, tel qu’il est, sera provisoire.


Si cela devait être le cas, c’est qu’il aurait aussi quelque chose de changé dans la sphère de l’Etat et du Ministère des Finances. Et puis le débat parlementaire pourra aussi nous réserver quelques surprises.

Par jeff77
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