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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 21:06

isoloir électionsTous les commentateurs vous ont déjà expliqué en long en large et en travers les conséquences qu’il fallait tirer de ce scrutin. Essayons de ne pas être langue de bois.

 

Il y trois gagnants à l’issue de ces élections : les abstentionnistes, la gauche et le Front National et un perdant la majorité présidentielle et l’exécutif.

 


Les abstentionnistes d’abord
. Je crois que c’est un mélange de votes protestataires, d’incompréhension sur le rôle de la région et d’un manque d’offre au centre.

 

Ce vote protestataire implique toute la classe politique et le sentiment que d’aller voter à l’occasion des régionales ne change rien aux difficultés et à la vie quotidienne. Vote protestataire aussi d’électeurs de la majorité, impatients de ne pas voir arriver des résultats issus des réformes plombées par la crise, d’une ouverture à gauche mal perçue ou sur la façon dont le Président exerce sa fonction.

 

La méconnaissance du  rôle des régions a énormément joué d’autant que c’est la première fois qu’elles ont eu lieu sans être couplées aux cantonales. Et d’ailleurs qui connaît son président de région à part quelques « vedettes » ou un conseiller régional qui représente son département ? Bon, on sait parfois au détour d’un aménagement d’une route ou lors de la construction d’un nouvel équipement que la région y participe. Mais quid de son rôle dans les transports, dans le développement économique, de la formation professionnelle, des lycées ? Et puis entre les communes, les intercommunalités, les départements, les pays, les régions, l’Etat, l’Europe qui fait quoi ?..Et pourtant, c’est de la vie quotidienne dont il s’agit. Il est donc temps que la loi sur la simplification du rôle des collectivités arrive avec des élus plus représentatifs et reconnaissables.

 

Enfin, bon nombre d’électeurs du centre n’ont pas trouvé l’offre qui leur convenait. Ni le Modem de Bayrou avec sa dérive à gauche, ni le Nouveau Centre pas assez visible au sein des listes d’union de la majorité. Beaucoup d’électeurs du  centre et le centre doit se sont trouvés orphelins. Cela  est évident depuis que Bayrou a tué l’UDF pour une aventure personnelle. Il est donc urgent de reconstruire er de réunir la famille centriste. D’ailleurs, je suis persuadé que la majorité a tout à y gagner.

 

Deuxième gagnant électoral, la gauche même si son rêve de grand chelem s’est heurté à la « résistance » alsacienne. Plus par rejet de la politique nationale que par adhésion à un projet politique. En insistant sur le rôle de contre-pouvoir des régions par rapport à l’Etat, certains français ont  le sentiment que les régions les protègeraient d’un point de vue social ce qui est totalement faux car les régions n’en ont ni les compétences ni les moyens financiers. Et puis, pour la première fois depuis longtemps, la gauche et notamment le PS a donné l’illusion de l’unité et donc d’un espoir pour 2012. Comment le leur reprocher.

 

Troisième gagnant le Front National. Avec des scores de 16 à 24% dans les régions où il a pu se maintenir, il s’avère être une sacré épine sous les pieds de la majorité. Manifestement les électeurs qui l’avaient quitté en 2007 sont revenus au bercail et çela va être dur de les en faire ressortir. Fait exceptionnel, il a amélioré son score entre les deux tours. Outre ses électeurs traditionnels, il a fait œuvre de déversoir d’une partie de la droite républicaine qui est exaspérée par l’ouverture à gauche, l’insécurité et la difficulté par les «  petites gens » à vivre la crise. Dans ces moments difficiles, le populisme fonctionne hélas toujours merveilleusement et c’est un message clair pour nos élites de droite et de gauche bien installés douillettement. La xénophobie et l’immigration ne sont plus les seules raisons et c’est pour cela que je crois que le débat sur l’identité nationale n’est pas la cause de cette remontée. Trop facile et trop rassurante  comme explication.

 

La majorité présidentielle a pris une belle claque. On y trouve les raisons que j’ai exposées sur les gagnants. On peut y ajouter le fait que les commentaires de l’UMP au soir du 1er tour a été surréaliste : circulez, il n’y a rien à voir, tout va bien. Et bien  nous avons vu et je ne m’étendrais pas plus.

 

Et maintenant, le message a-t-il été entendu ? .A travers l’ajustement gouvernemental qui vient de s’opérer, l’UMP a parlé à l’UMP à la veille d’une réunion des députés qui s’annonçait périlleuse pour le gouvernement. Est-ce que l’ouverture vers les chiraquiens/villepinistes suffira à calmer la fronde. Rien n’est moins sûr et les députés ne manqueront pas de faire remonter les reproches de leur électorat que seuls des actes concrets pourront calmer. Je pense à la taxe carbone, à une loi sur la burka, à la sécurité, au respect des valeurs républicaines ou à l’abandon de la nomination envisagée  d’un socialiste pour la Halde par exemple.

 

De l’autre côté de la majorité présidentielle, la recomposition de la famille centriste devient une priorité dont le Congrès de Tours du Nouveau Centre doit être l’élément déclencheur :

- meilleure visibilité du centre, ce qui signifie émancipation claire par rapport à l’UMP en s’appuyant sur ses valeurs d’humanisme, de liberté, de responsabilité et  son engagement européen. J’ajouterai à titre personnel, les valeurs républicaines qui ne sont pas le monopole de la droite classique.

- rassemblement de la famille centriste aujourd’hui morcelée et dont les électeurs traditionnels ex-UDF sont aujourd’hui orphelins  Il ne s’agit pas à ce sujet d’être nostalgique de l’UDF, mais simplement être fidèle à ses fondamentaux adaptés à notre époque et à l’évolution de la société.

La tentative du parti unique enclenchée par Chirac en 2002 puis reprise par Nicolas Sarkozy a montré ses limites. Et puis une majorité qui marche sur ses deux jambes traditionnelles c’est plus sécurisant et c’est lui rendre service.

 

A gauche, le PS a eu raison de ne pas trop fanfaronner au soir de l’élection et d’être prudent sur l’avenir. Il a mangé son pain blance pour ces élections et le plus délicat reste  à venir avec l’horizon 2012 qui est déjà présent dans tous les esprits. En premier avec les primaires où les rivalités de personnes vont refaire rapidement surface avec des oppositions au sein du parti qui viendront aussi des régions, fortes de leurs succès , Ségolène Royal en tête. Ensuite les idées et le programme depuis le temps que l’on en parle et être clair sur les choix. Enfin, préparer une alliance éventuelle avec Europe-Ecologie ou les Verts sur le programme final de gouvernance. La difficulté ne sera pas moindre.

 

En effet, la mouvance écologique est, elle aussi, à un tournant. Soit elle s’organise pour accueillir toutes les nébuleuses comme le souhaite Daniel COHN-BENDIT et définit sa nouvelle conception de l’écologie politique, soit elle reste dans le statut quo. Douloureux choix car dans le premier cas,  cela signifie que le parti des Verts de Cécile DUFLOT renonce à son autonomie et à sa propre conception plutôt sectaire et dogmatique de  l’écologie. Pour Dany, ce n’est pas gagné !!

 

Mais finalement, n’est-ce pas plutôt le fait que la France sera sortie ou non de la crise économique et sociale en 2012 qui balaiera toutes les stratégies savamment élaborées par les partis ?

 

La politique est décidemment une chose bien ingrate qui incite à la modestie.

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commentaires

jeff77 24/03/2010 00:46


La taxe carbone abandonnée.. Pas de socialiste à la t^te de la Halde.. Voilà deux mesures que j'approuve.. Attendons la suite..


renard 23/03/2010 23:12


Le deuxième tour des élections régionales, ainsi que nous l'avions pronostiqué au soir du premier, n'a fait qu'amplifier, sur la huitième circonscription, ce qu'il faut bien appelé une "bérézina"
pour l'UMP.
1) Si la participation au second tour à été plus forte qu'au premier, elle est cependant inférieure aux moyennes départementale et nationale.
2) Elle a été manifestement plus le fait de villes de gauche que de droite. De 8 à 10% d'exprimés en plus sur les villes de gauche tandis que sur celles de droite, 3 voient moins de votants qu'au
premier tour et 7 une augmentation comprise entre 0 et 1.92% !
3) Enfin, sur ces mêmes villes de droite, le nombre de bulletins nuls est particulièrement important puisque dans 10 villes, il est (parfois largement) supérieur à la moyenne de la
circonscription.
4) Sur la circonscription, alors que Valérie Pécresse arrivait en tête sur 18 communes, elles ne sont plus que cinq au second, à confirmer cette prééminence (Bussy Saint Martin, Ozoir la Ferrière,
Montévrain, Bailly Romainvilliers et Magny le Hongre)
Encore faut-il ramener à sa juste valeur ce résultat puisque :
a) ces cinq communes ne représentent qu'à peine plus de 19% du corps électoral qui s'est exprimé lors de ce second tour
b) Sur trois d'entre elles, cette "victoire" UMP n'est pas mirobolante (entre 50.14% et 51,50%)
Que retenir de cette élection ? A mon sens, trois choses
1) Le Président de la République ayant jugé bon de "nationaliser" le vote, il y a là un désaveu cinglant à sa personne.
2) L'erreur confirmée du choix d'une tête de liste en Seine et Marne sans charisme, ni talent de "laboureur" de terrain.
3) La confirmation d'une absence totale de structure militante, de relais de terrain et de score personnel de la part de la Députée/Conseillère Régionale sortante de notre secteur (Croissy
Beaubourg, ville dont son suppléant est maire ainsi que Lesches, sa commune de résidence - et par ailleurs une des plus petites de la circonscription - ont "réussi" à mettre Huchon en tête !). Un
problème que nous avions déjà relevé lors des précédentes législatives où elle n'avait du sa très (très) courte victoire qu'à une sous mobilisation manifeste de la gauche.
Dans cette élection régionale, ceci a même été probablement amplifié par son image de "recordwoman" de l'absentéïsme à la Région. Un absentéisme tellement visible que dans le Parisien du Lundi
22/03, la journaliste faisant un article sur les résultats de Seine et Marne, écrivait que compte tenu de sa position dans la liste, Madame Brunel allait faire son entrée (et non son troisième
mandat) à la Région !!