Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 17:43

ps.jpgLes socialistes français, du moins ceux qui dirigent actuellement le parti, sont cohérents avec leur vision de la société. En résumé par ses propositions, le PS est cohérent avec l’aléatoire car à un problème structurel, il répond comme d’habitude avec des solutions conjoncturelles.

 

Cohérence avec une vision de la société qu’ils sont les derniers à défendre en Europe.

 

Celle du refus de la réalité de la société telle qu’elle est aujourd’hui: celle de la mondialisation des échanges économiques à l’heure d’internet,  celle de l’émergence des pays en voie de développement avec leur compétitivité et leur puissance économique, celle de l’allongement de la vie grâce aux progrès de la science. Ils en sont toujours à une conception étatique et collective digne du Congrès de Tours de 1920 où la lutte des classes faisait son succès et en dénonçant à la vindicte « les riches », sans trop savoir d’ailleurs où mettre la limite du niveau et du type de revenu ou du patrimoine  

 

 De ce fait ils  veulent distribuer ce qu’ils n’ont pas en privilégiant une société de loisirs et de bien-être (le fameux « care ») avant de s’en donner les moyens par le travail et la création de richesses. Sous leur gestion, ce fût successivement la retraite à 60 ans alors que l’on savait parfaitement que la pyramide des âges était défavorable pour les équilibres sociaux, la 5ème semaine de congés payés qui a diminué automatiquement la création de richesses et le PIB, enfin les 35h qui, outre la charge économique que cela représente toujours, à consister à dévaloriser l’idée de l’effort et du  travail. Les droits « acquis » n’ont de sens que s’ils correspondent à leur époque et, sans les remettre en cause, nécessitent parfois des adaptations.

 

Pour les retraites, les propositions du PS pour équilibrer le régime des retraites s’appuient donc principalement sur des recettes nouvelles conjoncturelles rejetant à plus tard la réponse à la problématique structurelle et principale : celle de l’allongement de la durée de la vie et le déséquilibre entre le nombre d’actifs et celui des retraités. Comme d’habitude au PS, sur les questions de fond, il est urgent d’attendre.

 

Seule concession passée inaperçue  "l'incitation pour ceux qui le peuvent et le souhaitent à travailler plus longtemps". Avec ce dispositif, le PS tourne une page. Il entérine les précédentes réformes de la retraite, et notamment la loi Fillon de 2003, qui avait harmonisé à 40 ans les durées de cotisations pour le public et le privé, que jusqu'à l'élection présidentielle de 2007 il envisageait purement et simplement d'abroger.

 

Alors nous avons un catalogue à la Prévert de taxations et d’augmentation des prélèvements obligatoires. Et curieusement, tout en dénonçant les riches, les socialistes comptent sur eux pour être suffisamment riches pour que les recettes soient suffisantes.

 

Taxer les stocks-options et autres bonus... Oui, mais que deviendront les recettes si ce type de rémunération dans les entreprises disparaît justement à cause de leur taxation ?

Taxer les bénéfices des banques… Oui, mais peut-on durablement compter sur des recettes qui peuvent évoluer considérablement d’une année sur l’autre en fonction de la conjoncture internationale ?

Taxer le capital… Oui, mais si ce capital part un peu plus à l’étranger du fait de la taxation ou plus simplement si la croissance n’est pas à la hauteur ?

 

En fait, le PS va taxer lourdement les salariés à travers l’intéressement et la participation (de 4 à 20%) l’augmentation des cotisations sur les salaires (1% de plus en 10 ans),  mettant ainsi en cause  un pouvoir d’achat fragile.

Il en sera de même pour les entreprises avec l’augmentation sur les salaires (également 1% sur 10 ans) et l’augmentation de la nouvelle taxe intérieure sur la valeur ajoutée, mettant un plus à mal leur compétitivité.

 

Cette double taxation du travail est-elle raisonnable pour la croissance ? Si malgré tout il fallait augmenter les prélèvements pour l'équilibre des comptes, une TVA sociale de 1% serait certainement plus judicieuse.

 

Reste le taux d’emploi des jeunes et des seniors.. La formation professionnelle est certainement une bonne réponse et il y aura probablement consensus avec le gouvernement ainsi qu' à propos de la prise en compte de la pénibilité. En refusant d’aborder la question de l’allongement  de l’âge légal du départ à la retraite, le PS joue les autruches et c’est de plus un message négatif vis-à-vis du patronat sur l’emploi des seniors que les socialistes envoient. L’argument à propos des personnes ayant commencé très tôt le travail ne tient pas car il sera de moins en moins valable et peut être résolu par la loi.

 

Le PS a toujours privilégié l’impôt et la taxation pour résoudre les problèmes d’équilibre financier des comptes publics. Avec ses propositions pour les retraites, il ne déroge pas à la règle.

Partager cet article

Repost 0
Published by jeff77 - dans Réformes
commenter cet article

commentaires