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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 19:51

Procès hors du commun, premier dans le genre sous la Vème République puisque parmi les protagonistes, se trouvent le Président de la République en tant que victime et Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre parmi les accusés. Et il ne faut être devin pour constater qu’ils ne s’aiment pas.

 

Je ne ferais pas de commentaire sur le fond du procès, la justice est là pour tirer au clair cette histoire, en espérant qu’elle puisse le faire ce qui n’est pas forcement évident tant les zones d’ombres sont encore bien nombreuses. Mais c’est le côté politique qui m’intéresse aussi comme, je crois, bon nombre de français.

 

Assistons-nous  à la suite des règlements de compte qui ont commencé lors de l’affaire des frégates de Taïwan qui a touché des personnalités de gauche mais qui a aussi envenimé les rapports entre chiraquiens et balladuriens au moment de la présidentielle de 1995 avec des accusations de rétrocessions de commissions ? Lesquels rapports ont continué à se détériorer avec la lutte puis la prise de l’appareil UMP par Nicolas Sarkozy à la barbe de Jacques Chirac et de ses partisans. L’hypothèse a été avancée.

 

Mais revenons à la période actuelle et cette semaine a apporté son lot d’évènements incroyables.

 

Nous avons vu tout d’abord Dominique de Villepin faisant, avant d’entrer dans la salle d’audience,  une violente diatribe fustigeant le Président de la République sur « l’acharnement » (sic) envers sa personne : déclaration grandiloquente et surréaliste. Dreyfus et Zola réunis comme a dit un éditorialiste. Ainsi donc, parallèlement aux débats judiciaires au sein du prétoire, se dérouleraient des débats politiques devant les médias et susceptibles d’influencer l’opinion. Stratégie de défense bien préparée visant à vouloir inverser les rôles : l’accusé devenant victime et la victime devenant l’accusé. Il faut dire que du résultat du procès dépendra l’avenir politique de l’ancien Premier Ministre. L’enjeu pour lui est donc d’importance mais aussi risqué selon le verdict final, car jusqu’à preuve du contraire, c’est bien lui à qui l’on demande de comparaître comme inculpé et Nicolas Sarkozy est une victime parmi d’autres d’ailleurs, ce que l’on a tendance à oublier.

 

Nous avons ensuite Nicolas Sarkozy qui, s’exprimant à la télévision devant des millions de téléspectateurs, commet une grave erreur en traitant les prévenus de « coupables » s’asseyant allègrement sur la présomption d’innocence. pourquoi répondu aux journalistes sur cette affaire alors qu'il participait à des réunions internationales bien plus importantes. Comment–a-t-il pu commettre une telle bourde en tant que Président de la République, gardien des institutions et de l’impartialité  de la justice ? L’a-t-il fait volontairement ou involontairement emporté par la passion que lui inspire cette affaire où on a cherché à le salir et à lui nuire gravement, ce qui n’est pas une excuse. Toujours est-il que les conséquences sont dommageables.

Dommageable pour son image présidentielle, dommageable pour son statut de victime au procès car il entre dans le jeu souhaité par son adversaire qui n’a pas manqué de souligner cet abus de langage.  Dommageable aussi pour sa majorité avec la reconstitution du clivage entre villepinistes-chiraquiens et sarkozistes au sein de l’UMP au moment où de plus la tension entre le gouvernement et les parlementaires UMP est perceptible. Dommageable enfin pour lui politiquement car cela occulte partiellement les très bonnes prestations internationales qu’il a faites à la tribune de l’ONU, au Conseil de Sécurité et au G20 à propos des enjeux climatiques, du défi iranien ou sur la finance internationale et les équilibres économiques. Nicolas Sarkozy restera-t-il donc toujours le même ? Celui qui est assez remarquable sur la scène internationale et sur sa volonté de réforme que viennent gâcher en même temps ses impulsions qui, si elles sont acceptables à notre niveau, ne le sont plus quand on est Président de la République. Nul doute qu'il s'expliquera à son retour en France.

 

Il est temps que cette histoire  se termine, et il y aura probablement appel du premier verdict, car elle pollue la politique de la France et ravive des antagonismes dont la France pourrait bien se passer en ces moments économiques difficiles. Je souhaite enfin, comme l’a dit le Président, que ce procès marque  la fin des officines glauques et des coups tordus en politique.  On a toujours le droit d’espérer.

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Published by jeff77 - dans Polémiques
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commentaires

raslebol 09/10/2009 18:38


Espérer que les choses puissent changer, cela relève de la politique fiction. Que ce soit avec ce procès inutile où l'accusé est victime, et la victime autoproclamée, accusateur. Que ce soit avec
le fils Sarkozy désigné Président de L'Epad sur la base sans doute de son important bagage intellectuel (cela montre d'ailleurs l'hypocrisie de la dénonciation des "officines" par le père). Que ce
soit par l'absence de dignité de Frédéric Mitterrand oubliant que l'honneur en politique c'est d'être exemplaire ! Oui,on peut toujours rêver que demain les barbiers soient gratuits !