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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 21:17

Et maintenant ? Face aux résultats de ce 7 juin, les regards se portent vers l'avenir avec à la clé, beaucoup de questions. Tout d’abord, y a-t-il un nouveau paysage politique ? Ensuite, qu’impliquent ces résultats pour les partis ?



Les élections européennes ont-elles dessiné un nouveau paysage politique ?

Oui et non ou plutôt pas encore. Il faut se méfier des extrapolations d’une élection sur celles à venir et c’est encore plus vrai à propos des européennes.
Comme je le disais précédemment : élection intermédiaire à un tour, à la proportionnelle, sans risque national et surtout un abstention record. Les français savent exactement comment faire passer des messages à travers ce genre d’élections.
De mon point de vue :

- vers la majorité des partis, c’est: attention, l’Europe on aime bien, mais on ne comprend pas vraiment comment les diverses structures fonctionnent et à quoi servent nos élus et donc l’Assemblée Européenne. Et que peut faire l’Europe pour résoudre nos difficultés quotidiennes ?

- vers la majorité présidentielle : on a apprécié la Présidence française mais pour autant on ne vous a pas donné un blanc seing pour les questions intérieures

- vers les Verts : on supporte votre combat en Europe pour l’Ecologie car nous sommes inquiets et on compte sur vous pour être un aiguillon en ce domaine. Pour autant, ne vous imaginez pas que…

- vers le Parti Socialiste : on en a « ras le bol » de vos divisions et de votre absence de projets. Quand allez-vous comprendre ?

- vers le Modem : Bayrou s’est trompé d’élection et l’anti-sarkozysme primaire n’est pas un programme

 

Dès lors, comment peuvent réagir les divers protagonistes ?

 

D'abord, que fera Nicolas Sarkozy de son succès incontestable?
Sur les idées, je pense qu’il a reçu le message écologique des Français 5 sur 5. Déjà, lors de son déplacement en Savoie de ce mardi, il a donné le ton. Il pourra d’ailleurs s’appuyer sur ce succès pour que la France puisse être moteur lors des prochains sommets européens.

Sur le plan intérieur, outre ce message, la débâcle de ses principaux opposants lui donne une grande marge de manœuvre pour la constitution de son gouvernement. Nul doute que l’ouverture « écologique » soit à l’œuvre avec une probable victime co-latérale: Claude Allègre.

Il sait aussi que 29 % est une bonne nouvelle pour la majorité présidentielle, mais que l'addition des oppositions reste forte et qu’il doit construire une majorité de second tour en vue de 2012.

 

Pour cela, il a demandé aux leaders de la majorité UMP/NC de la jouer modeste.
Face à elle, il n'y a plus que ruine et désolation. Pour autant, il lui faudra d’une part préserver les ouvertures chères au Président et d’autre part défendre fortement son programme notamment de faire entrer plus de politique au Parlement Européen. Ce n’est pas gagner d’avance tant le principe du compromis a toujours été la règle jusqu’ à ce jour au sein de cette Assemblée. En tant que vainqueur de ces élections, la majorité aura aussi comme devoir impératif de réconcilier les français avec les instances européennes en faisant plus d’information et de communication.


En annexe, le Nouveau Centre d’Hervé Morin, compte tenu du faible résultat du Modem a une opportunité de recueillir nombre de centristes égarés de l’ex-UDF qui sont encore restés fidèles à François Bayrou. Les élections régionales peuvent lui en donner l’occasion pour peu qu’il se donne les moyens de saisir sa chance et ne pas rester dans l’ombre de l’UMP.


Le Parti socialiste a pris une claque d'une ampleur stupéfiante, qui devrait entraîner des remises en cause de sa ligne et de son mode de management. Martine Aubry semble survivre à ce désastre mais les premières décisions de son Conseil National laisse pantois tant elles ne semblent pas répondre à l’urgence.

Pour la direction du PS, il est urgent d’attendre et elle s’est donnée 6 mois pour reconstruire. Seules mesures concrètes : la nomination à l’Internationale socialiste de Ségolène Royal et la probabilité de la constitution d’un Comité des  sages (les fameux éléphants principalement). Bigre !! Quelle audace !! Déjà, les « quadras » ruent dans les brancards. Dans 6 mois, nous serons à 3 mois des élections régionales où le PS, dirigeant actuellement 21 régions sur 22 a tout à perdre. Cela réveillera-t-il les barons locaux du PS qui ne se sentent plus guère concernés par leur parti au niveau national  et qui ont été dès plus discrets dans cette campagne ? L’instinct de survie jouera probablement mais ne sera-t-il pas trop tard ?

La Bérézina est telle que la responsabilité ne peut être que collective. Les Français ont fait payer aux candidats roses le congrès de Reims et la suite, rue de Solférino, s'annonce noire, pour de longs mois au moins.

Côté Modem, c'est encore pire. François Bayrou s’est trompé de campagne.
Trop axée sur sa personne en vue et espérant faire de ces élections un tremplin pour les élections présidentielles de 2012. Il a beau renaître de ses cendres après chaque échec, cette fois-ci, cela va être très dur. Sa seule porte de sortie sera d'engager un accord avec le PS et les écologistes en vue des régionales, bref choisir enfin un côté de l’échiquier politique. D’être en permanence ni à droite ni à gauche, a ses limites.

Outre des choix stratégiques douloureux, il va devoir lâcher du lest dans sa gestion autocratique du Modem. En son sein, l’opposition Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias et Jean-François Kahn face au couple Bayrou/De Sarnez ne va pas être de tout repos dans la conduite du mouvement. En bon politique, dans l’immédiat, François Bayrou a fait son autocritique pour calmer les velléités et assuré qu’il changera de mode de fonctionnement. Le connaissant un peu pour l’avoir suivi au sein de l’UDF, je doute fort que, sur le fond, il puisse changer. Mais bon, faisons lui crédit.

En attendant, pour toutes ces raisons, ses derniers partisans risquent en outre de s'égailler dans la nature et il va devoir remiser, pour un temps en tout cas, ses ambitions présidentielles au vestiaire.

Que feront les Verts de leur victoire ?
Daniel Cohn-Bendit a redit dimanche soir son désintérêt pour la présidentielle française. Mais il a dessiné l'alliance qui devrait, selon lui, prévaloir en France comme à Strasbourg: PS-Verts-Modem. Leur score spectaculaire leur permettra les plus grandes exigences contrairement au Modem qui y laissera encore des plumes. Quoi qu'il arrive, ils pèseront  aussi  sur les programmes des uns et des autres : l'environnement sera sûrement au coeur des prochaines batailles. Nicolas Sarkozy l'a déjà compris. De plus, une campagne nationale ou locale n’aura pas le même sens pour les Français, et les Verts en ce sens, risquent d’aller au devant de cruelles désillusions électorales s’ils ne capitalisent pas dans l’immédiat cet indéniable succès.

 

Pour le reste des partis en lisse, il est noté le bon score de la Nouvelle Gauche de Jean-Luc  Mélenchon. Elle aura eu le mérite de devancer le NPA d’Olivier Besancenot, grand perdant dans cette zone de l’échiquier politique. Quant au FN, il ne se résume plus qu’à la famille Le Pen.

 

Pour conclure, même s’il a eu une forte abstention, il est quand même rassurant pour un européen convaincu comme moi, de voir que les quatre  mouvements arrivés en tête de ce scrutin sont pro-européens.

 

Les mois qui viennent vont être très mouvementés à gauche et au Modem. Quant à la majorité, elle risque de vite retomber de son petit nuage pour répondre à la crise toujours présente et aux attentes des français.

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