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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 21:04

Les élections européennes sont des élections particulières : un seul tour de scrutin, à la proportionnelle sur 8 grandes circonscriptions pour élire des députés au sein d’une assemblée européenne dont jusqu’à ce jour les français ne perçoivent guère la fonction voire l’utilité.

 
Comment dès lors s’étonner du fort taux d’abstention à travers l’Europe et notamment en France. Quand de plus, hormis les listes Europe-Ecologie et UMP/Nouveau Centre, les autres listes en présence ont fait une campagne sans donner la priorité à leur projet européen mais en privilégiant la politique franco-française, il y avait de quoi désintéresser nombre d’électeurs du scrutin.

 

Au niveau des résultats, l’ensemble des observateurs politiques aboutissent aux mêmes conclusions à quelques nuances près : le très bon score de la Majorité Présidentielle, la forte percée inattendue de la liste Europe-Ecologie, la déroute du PS et du Modem, plus spécifiquement de François Bayrou.

 

Je ne m’attarderai pas sur le bon score de la majorité. C’est incontestablement une victoire pour le Président de la République car c’est la première fois qu’un parti majoritaire au pouvoir arrive en tête dans ce genre d’élections. En général, il est sanctionné.

 

La surprise est donc venu de la liste Europe-Ecologie avec Daniel Cohn-Bendit comme leader. Le charisme de « Dany le Rouge » , devenu Vert, n’est plus a démontré mais surtout ses listes ont fait une vraie campagne européenne, même si l’alliance Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové pouvait apparaître comme l'union politique de la carpe et du lapin, L’écologie n’est plus aujourd’hui le monopole des Verts en France. Néanmoins dans une élection sans risques nationaux, les français (de droite comme de gauche) ont envoyé un message clair de leurs inquiétudes sur le sujet que la projection du  film « Home » diffusé à deux jours du scrutin a certainement contribué à conforter  sans en être le déclencheur. A cela s’est ajouté le désarroi de nombre d’électeurs socialistes ou de François Bayrou dans la non compréhension de leurs campagnes respectives. Faute de l’avoir prévu, quand on y réfléchit à posteriori, tous les ingrédients du succès étaient présents.

 

Moins surprenant pour moi, la déroute du PS et l’effondrement du Modem et de Bayrou.

 

Dans les deux cas, la sanction anti-Sarkozy  a été … sanctionnée.

 

Le PS continue sa descente aux enfers depuis avril 2002. Après sa défaite présidentielle en 2007, son Congrès de Reims calamiteux avec l’étalage de ses rivalités internes, le PS paye aujourd’hui « plein pot » son incapacité à se rénover et à dépasser ses divisions. Manuels Vals en déclarant : « Le Parti socialiste parle une langue morte », a bien résumé la situation. Campagne incompréhensible pour ses électeurs : tout  axer sur « l’anti-sarko » au départ, puis essayer de changer de stratégie à 15 jours du scrutin en se basant sur un programme socialiste européen sans consistance et inaudible, le tout avec une pseudo union de façade entre Aubry et Royal qui n’a trompé personne, il n’en fallait pas plus pour une déroute annoncée.

 

Quant à François Bayrou, son égo a dû en prendre un sacré coup. Lui qui se voyait comme le 3ème homme de ces élections, comme le premier opposant au Président de la République avec un score confortable qui lui aurait fait un tremplin pour les présidentielles, il tombe de haut. Là encore, une campagne ne se mène pas sur de l’anti, sur du négatif. De plus, en la personnalisant sur son nom, Bayrou s’est trompé d’élection entrainant le Modem, ses candidats, ses miltants dans sa chute.
Obsédé par les présidentielles, il a voulu « refaire le match » et  a oublié qu’en démocratie, l’on doit respecter chaque type d’élection et ce qu’elle représente Les français en ont « ras-le bol » de ces attitudes politiciennes. Ce qu’ils veulent ce sont des propositions claires en liaison avec chaque élection capables de résoudre leurs problèmes et ceux de leur pays. On ne peut pas non plus avoir une attitude ambiguë en faisant un jour des clins d’œil vers les socialistes puis le lendemain déjeuner avec Dominique de Villepin. Enfin, son altercation avec Daniel Cohn-Bendit lors de l’émission « A vous de juger » sur France 2 a terni indéniablement son image.  Tout cela me conforte dans ma décision d’octobre 2007 quand j’ai décidé de ne pas le suivre dans son aventure personnelle. Il a reconnu ses erreurs le soir des résultats. Dont acte, mais je doute fort qu’il ne change sur le fond. En attendant, quel gachis pour le Modem et ses militants.

 

Malgré le fort taux d’abstention et sans extrapoler sur l’avenir, le paysage politique ne sera plus le même avant et après ces élections. Et maintenant ?

 

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Published by jeff77 - dans Démocratie
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