Jusqu'à ce jour, que ce soit sous les gouvernements de droite comme de gauche, on ne répondait aux problèmes de l'Outre-Mer que par des mesures sociales ou financières visant
simplement à calmer ponctuellement les revendications sans jamais aborder les vrais sujets parce que souvent tabous.
Ceux liés à la place de ces territoires au sein de la République Française, ceux liés à un changement nécessaire dans la politique de développement économique et en finir avec les archaïsmes de
gestion qui semblent issus des plus beaux temps du colonialisme. Rarement la situation actuelle en Guadeloupe aura mis ces questions en évidence..
Il va donc bien falloir un jour que les îles tranchent définitivement sur la façon dont ils conçoivent leur avenir. Avec leur élus il va falloir qu'ils tranchent entre :
- le maintien dans la République Française comme département ce qui implique malgré tout de profonds changement de structures administratives
(actuellement chaque île a un conseil général et un conseil régional avec pratiquement les mêmes compétences !.). Mais aussi un réflexion de fond sur le développement économique : poids des
fonctionnaires dans la population active, situations de monopole, économie concentrée dans les mains de quelques familles mais aussi économie parallèle. Et puis, il ne faudra pas
oublier de créer une vraie continuité territoriale. Tout cela doit se faire avec le concours de l'Etat mais aussi une implication forte des
élus locaux et de la Région dont la compétence économique est explicite depuis 2004, le patronat et les syndicats, ces derniers renonçant à mélanger les vraies revendications des salariés et
l’aspiration autonomiste ou indépendantiste.
- l’autonomie, ce qui implique l’établissement d’un pouvoir exécutif avec une prise de responsabilités très importante des élus locaux et des
antillais eux-mêmes en terme d’imposition locale, d’aide sociale et de développement économique.. Donc des droits et des devoirs nouveaux, la France aidant financièrement comme elle le fait en
Polynésie….
- enfin l’indépendance avec tout ce que cela comporte..
On ne peut indéfiniment dire que la Guadeloupe ou la Martinique « c’est à nous » et demander en parallèle de continuer à recevoir les chèques de l’Etat sans contrepartie.
Ceci est valable bien sûr aussi pour la Réunion. Les conflits dans les îles commencent toujours par des revendications sociales pour riper doucement vers des revendications autonomistes voire
raciales. Il faut crever l’abcès une fois pour toute.
Je conçois qu’il est difficile d’aborder actuellement ces problèmes au niveau de l’Etat dans le contexte actuelle de crise internationale. Néanmoins à travers le Conseil de l’Outre-Mer
qui vient d’être créé, il conviendra d’en parler franchement avec les élus des îles.
Par jeff77
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Publié dans : Polémiques
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