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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 22:57

Les manifestations qui se sont déroulées ce jeudi 29 janvier ont été un succès indéniable des organisations syndicales, unies pour la première fois depuis bien longtemps.

 

Outre la contestation de la politique gouvernementale, les conséquences de la crise économique et les revendications diverses qui en découlent, les raisons de cette unanimité tiennent également, du moins je le crois, à la proximité des élections syndicales dans le cadre de la nouvelle législation sur la représentativité syndicale. Chacun avait à cœur de montrer sa capacité à défendre les intérêts des salariés.

 

Hormis ce point que je voulais rappeler, que dire de cette manifestation et de ses suites éventuelles ? Deux points émergent : inquiétudes et paradoxes.

 

Contrairement à la manifestation contre le CPE, il y avait presque autant de revendications particulières que de manifestants : pouvoir d’achat ou crainte du chômage pour soi ou un membre de sa famille, refus de l’ouverture du capital de la Poste, postes de fonctionnaires supprimés dans l’Education Nationale, sentiment d’injustice par rapport aux « cadeaux » faits aux banques, chômage partiel dans les entreprises notamment automobiles,  une multitude de revendications corporatistes, etc… Bref une inquiétude générale pour l’avenir avec le sentiment que le gouvernement ne prend pas les mesures adéquates.

 

Le paradoxe de cette manifestation, c’est que cette inquiétude sur l’avenir fut proclamée par des salariés protégés qui ne risquent rien pour leur emploi et dont le pouvoir d’achat augmente malgré tout régulièrement : les fonctionnaires d’Etat, des collectivités, des hôpitaux ou des entreprise publiques. C’est hélas une habitude en France. Quant aux salariés de l’automobile, le plan annoncé par le gouvernement devrait plutôt les rassurer même s’ils subissent entre temps la passe difficile du chômage partiel.

 

Lors de sa campagne électorale, en pleine croissance mondiale, le Président de la République a fait des promesses à propos du pouvoir d’achat. Las, entre-temps la crise financière mondiale puis la récession sont passées par là. A cela ce sont ajoutées des paroles malheureuses d’effets de tribune (« en France on ne s’aperçoit plus quand on fait grève »), effets de tribune inutiles quand on est président de la République et que j’ai déjà eu l’occasion de dénoncer ici lors d’un article précédent.

 

Pour autant, quand on les interroge, les français, même avec la crise, restent favorables à la poursuite des réformes et considèrent que la gauche ne ferait pas mieux voire pire. Je crois qu’ils veulent simplement que les réformes, les mesures et les efforts qui en découlent soient plus  justement répartis. Le gouvernement explique que c’est dans ce sens qu’il agit. Il faut croire qu’il n’est pas bien entendu.

 

Le Président envisage de s’exprimer sur cette crise économique.


J’attends de lui qui nous dise qu’il a entendu les inquiétudes des français. J’attends de lui qu’il réexplique le pourquoi et  la cohérence de sa politique ainsi que la nécessité de poursuivre les efforts. J’attends de lui qu’il explique que la première défense du pouvoir d’achat, c’est d’abord la bataille pour l’emploi et donc prioritairement l’aide aux entreprises et aux investissements. J’attends de lui qu’il donne des directives au gouvernement pour que les banques jouent réellement le jeu de la relance du crédit au besoin en exigeant un droit de vote dans les conseils d’administration dans les banques où l’Etat entre au capital. J’attends de lui qu’il explique que la France n’est pas dans la même situation que les autres pays qui relance la consommation et que la baisse des prix ou les transferts sociaux qui n’ont pas la même ampleur dans les autres pays sont aussi du pouvoir d’achat donné au français. J’attends de lui si c’est nécessaire des aides complémentaires pour les plus défavorisés.

 

Ce lundi le Premier Ministre va détailler les mesures du plan de relance. Espérons que la communication sera à la hauteur et qu’il se sera entendu et compris des français. Ces derniers ont besoin d’avoir du « concret ».

 

Je terminerais cet article en dénonçant la posture du Parti Socialiste en cette période.


Tout d’abord son « contre-plan » de relance a fait pschitt !! Même certains membres du PS ont dénoncé l’archaïsme de ses propositions. J’y vois trois erreurs fondamentales :

- la France s’endette suffisamment avec cette crise par nécessité. Elle n’a pas besoin que l’on aggrave son endettement simplement pour le plaisir démagogique d’avancer un chiffre supérieur à ce qu’annonce le gouvernement. Il est tellement facile, quand on est dans l’opposition, de distribuer l’argent que l’on n’a pas.  Pensons aussi à nos enfants et petits enfants.

- la relance par la consommation a toujours échoué que ce soit sous les gouvernements de droite comme de gauche. Elle ne fait qu’aggraver les importations et n’est pas utile à nos entreprises et donc à l’emploi

- la baisse de 1% de la TVA n’aura aucun impact sur les prix car il n’est pas certain qu’elle soit répercutée. Les français ne sentiront même pas ses effets (sur une baguette, le gain sera de 0.01€, ridicule).


Ensuite, consciente d’être inaudible, elle essaie d’exister.

Ce fut d’abord par cette attitude lamentable à l’Assemblée Nationale en multipliant les obstructions, les manifestations voire les menaces lors des débats.

Ce fut ensuite, le dépôt d’une motion de censure à propos de la crise, cinq mois après son début ! Le Premier Ministre n’a guère eu besoin de beaucoup d’efforts pour démonter une à une les propositions de Jean-Marc Ayrault. .

Ce fut enfin en courant après la rue et les syndicats  lors de la manifestation du 29 janvier.

 

Tous les pays sont touchés par la crise et la dépression économique.

A court terme, le premier semestre 2009 va encore être très douloureux avec la récession et  l’augmentation du chômage. Les gouvernements doivent prendre les mesures nécessaires pour l’emploi et la relance par l’investissement. En parallèle,  les efforts demandés  doivent être justement répartis.
A long terme, la réunion du G20 début avril à Londres doit aboutir à un nouvel ordre financier mondial mieux régulé, sinon, comme a déclaré Christine Lagarde à Davos, la crise économique va générer de très graves troubles  sociaux avec tous les excès qu’ils peuvent engendrer.

 

Faute de quoi, il sera trop tard pour pleurer sur un système économique qui voulait être créateur de richesses, participer à l’émancipation des peuples ou accompagner le développement des libertés individuelles.

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Published by jeff77 - dans Polémiques
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commentaires

Gérard Jeffray 06/03/2009 14:46

Cher "Jérome",

Merci de souligner ces 2 fautes que j'ai immédiatement corrigées.. Je note qu'il vous a fallu plus d'un mois pour les relever et ce, dans l'anonymat le plus total.
Qui que vous soyez, je laisse votre commentaire pour en montrer la puérilité.
Il eut été en effet plus intelligent de votre part de faire des remarques sur le fond et éventuellement d'entamer un dialogue. Mais il faut croire que ce n'était pas le but recherché à travers votre commentaire. Ce sera peut-être pour une autre fois , sur un autre sujet.

Jerome 06/03/2009 11:10

Je trouve dommage pour un ancien élu de la république d'oser ecrire un texte avec autant de fautes d'orthographe.

Ex :
"le plan annoncé par le gouvernement devraient plutôt les rassurés "

Jerome