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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 21:47

Il a fallu cette crise pour que les pays européens prennent conscience que désormais il n’y avait point de salut pour notre avenir que d’être unis pour faire face aux défis du monde.

 

Ce dimanche, l’Eurogroupe s’est mis d’accord sur des mesures fortes et coordonnées, en attendant les déclinaisons nationales qui seront annoncées ce lundi puis l’achèvement final lors du prochain Conseil des 27 pays en milieu de semaine.

Les efforts déployés par Nicolas Sarkozy en tant que Président de l’UE méritent d’être salués. Certains lui reprocheront encore son « activisme ». Que n’auraient-ils dit s’il n’avait pris aucune initiative ! Quand on voit, les 15 pays de l’Euro (plus la Grande-Bretagne) parler d’une seule voix à travers la présidence de l’UE, ainsi que Juan-Manuel Barroso (le président de la Commission), Jean-Claude Junker (le Président de l’Eurogroupe) et même le très orthodoxe Jean-Claude Trichet (le gouverneur de la Banque Européenne), on pourrait croire à un rêve. Et pourtant, devant de graves difficultés, ce rêve est devenu réalité.

 

A ce point des décisions, je voudrais faire quelques remarques à chaud.

 

- Les vrais problèmes immédiats sont traités : celui de la liquidité de banques et des crédits interbancaires, celui de la sauvegarde du système bancaire indispensable à notre économie par une éventuelle recapitalisation pour les établissements en difficulté.

 

- Ces décisions s’accompagnent d’une morale qui a bien manqué ces derniers temps dans le monde de l’ultra-libéralisme financier.

     . l’ intervention des états sera payante (aux conditions du marché en vigueur),

     . les dirigeants coupables seront débarqués sans indemnité,

     . les états qui aideront les banques de leur pays le feront par une prise de participation d’actions qu’ils pourront revendre, avec je l’espère de substantiels bénéfices après redressement,  sans que le contribuable soit mis à contribution.

     . enfin, les dépôts des épargnants sont garantis.

Il s’agit donc de sauver les banques, pas les banquiers.

 

- L’euro, après avoir été décrié comme étant une source d’inflation, a montré toute son efficacité. Dans quel état seraient l’Europe et donc la France sans la monnaie unique ? Combien de dévaluations ?

 

- La première réaction du PS par l’intermédiaire de Julien Dray (porte-parole du PS) a été de juger les mesures insuffisantes en regrettant qu’aucune garantie des crédits n'a été proposée pour les entreprises ou les particuliers", et l'absence d'un "grand plan de relance, adossé à un emprunt ou des grands travaux". Je crois que le PS, une fois de plus n’a rien compris à la situation. L’urgence n’est pas de celle d’un grand plan de relance, c’est d’abord celle du sauvetage du système bancaire pour permettre à l’économie européenne de fonctionner. Si le système bancaire  s’écroulait, les propositions du PS ne seraient même pas possibles. Pour ce qui est des crédits, le PS devrait se souvenir que 22 milliards de crédits sont mis à la disposition de PME sur les excédents de trésorerie des livrets d'épargne, plus d'autres possibilités  par l’intermédiaire de la BEI et que ce lundi des mesures pour favoriser le crédit aux PME et aux particuliers seront annoncées àprès un Conseil des Ministres exceptionnel. Bref, à gauche, rien de nouveau en dehors de la critique. Décidemment le prochain Congrès du PS annihile toute espèce de réflexion sensée.

 

- Il est aussi curieux que ceux qui reprochent la lenteur des décisions européennes sont souvent ceux qui ont appelé à voter NON au référendum en 2005. Obtenir l'unanimité aujourd'hui 27 Etats, n'est pas chose aisée. Que de temps perdu !

 

- Quand on parle de d’une nécessaire régulation, il faudra être certain qu'elle soit bénéfique. Exemple de règle négative : celle de normes comptables qui consiste à mettre dans le bilan des sociétés cotées  en Bourse la valeur boursière du capital. On voit aujourd’hui qu’avec l’irrationalité actuelle des marchés, cela n’a plus aucun sens par rapport à la valeur réelle des l’entreprises et au contraire les affaiblissent.

 

Ces mesures européennes et coordonnées étaient nécessaires pour un retour à la confiance. Sera-ce suffisant pour que la bourse retrouve des couleurs. Pas sûr et cela risque de prendre encore quelques jours au fur et à mesure des prochaines annonces de cette semaine. Mais l’importance n’est pas là. La crise boursière se résoudra d’elle-même dès que la crise bancaire sera dernière nous. Il est enfin capital que les Etats-Unis puissent mettre en oeuvre rapidement leur propre plan (Paulson) et ses modalités connues. Parallèlement le FMI dirigé par Dominique Strauss-Kahn s’est engagé à aider les pays pauvres touchés par la crise ce qui est également une bonne chose.

 

Enfin il apparaît de plus en plus indispensable que les Etats-Unis acceptent rapidement la proposition de Nicolas Sarkozy et de l’UE d’une réunion du G8 élargie aux pays émergents pour construire le futur ordre financier mondial avec sa régulation nécessaire.

Et je serais tenté de reprendre une parole d’un PDG français (de gauche)  : « Le capitalisme c’est  comme la démocratie, ce n’est pas toujours parfait mais on a rien trouvé de mieux ».

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Published by jeff77 - dans Polémiques
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