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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 23:33

La crise immobilière au Etats-Unis aura au moins eu le mérite de mettre à jour le  cynisme  de l’ultra libéralisme financier et, je l’espère, de sonner le glas d’un système bancaire international qui a dérivé au fil du temps vers l’immoralité la plus totale.


La dérive du système bancaire international a consisté à se détourner progressivement de son objectif initial
 : celui participer à la croissance mondiale et au développement des entreprises, pour ne se préoccuper que de celui de sa propre croissance. Parallèlement, pour se couvrir des risques potentiels,  il n’a eu de cesse de créer des outils et des produits de plus en plus complexes pour les diluer. De telle sorte que souvent, plus personne ne savait très bien ce qu'il y avait à l'intérieur de ces produits et où ils atterrissaient à travers le monde. Certaines banques ou fonds d’investissement se sont pris pour des casinos et dans beaucoup de cas, les agences de notation, chargées de surveiller leur solidité, ont totalement failli probablement parce qu'elles ne comprenaient plus exactement ce qu'elles notaient.

 

Le système est donc devenu un immense château de carte mondial. Si une carte tombait, c’est tout l’édifice qui s’écroulait entraînant le monde dans la pire crise financière de tous les temps par ses conséquences. Cela serait arrivé la semaine dernière s’il n’y avait eu l’intervention en catastrophe, des autorités américaines qui ont prévu « d’étatiser »  » les créances douteuses (les pertes)  de tous organismes financiers des Etats-Unis pour un montant variant entre 700 et 1000 milliards de $. Au pays du libéralisme, un comble !!....

 

Et c’est là qu’est la première phase de l’immoralité et du cynisme du système. Mis à part des sanctions pour quelques dirigeants (ils s’en remettront), c’est le contribuable américain qui va devoir supporter cette charge. Pour certains, c’est la double peine : la peine immobilière et la peine financière. Les instances financières et politiques qui ont permis un tel système au Etats-Unis s’en tireront sans une égratignure.

 

La deuxième phase de cette immoralité, est que la crise financière internationale induite par les désordres du marché financier américain va entraîner un ralentissement économique sur l'ensemble de la planète. Le scénario catastrophe passé,  la crise n’est pas pour autant terminée tant que de nouvelles règles internationales allant vers une plus grande transparence et un meilleur contrôle du système ne seront pas établies. En attendant, le monde va en subir les conséquences par une fragilité latente des marchés et une faiblesse de la croissance plus longue que prévue initialement.

 

L’Europe et la France ne vont pas  y échapper. Les états européens doivent donc resserrer davantage leur coopération dans le contrôle du système et la BCE revoir sa position sur les taux, l’inflation semblant jugulée,  surtout en cas de faiblesse du dollar. J'espère également que la Banque Européenne d'Investissements qui se réunit cette semaine présentera un plan d'aide spécifique aux entreprises.

 

En France,  deux questions principales se posent : comment rétablir la confiance au sein du système bancaire pour qu’elles puissent s’engager sans réticence auprès des entreprises et que faire pour atténuer les conséquences de cette crise pour l’économie et les français. Les marges de manœuvre du Président qui doit faire un discours sur le sujet sont des plus limitées. Après avoir promis la croissance et la hausse du pouvoir d’achat, les français attendent aujourd’hui un langage de vérité sur la situation française.

 

De ce discours mardi prochain à Toulon, j’attends donc en priorité une orientation claire et nette en matière économique et budgétaire, de même des mesures permettant d’appréhender les conséquences de cette crise sur les établissements financiers français et d’y établir la plus grande transparence et une évaluation claire de leurs pertes éventuelles.


La situation budgétaire pour 2009 va être difficile et l’objectif d’équilibre à l’horizon 2012 de plus en plus délicats à atteindre si la croissance est retardée. L’Etat va devoir donner l’exemple, se serrer un peu plus la ceinture et encore améliorer sa productivité. Si aides il doit y avoir c’est en priorité désormais de dynamiser nos entreprises notamment les PME/PMI. Pour ce faire, je pense que la Caisse des Dépôts ou autres organismes d’investissement doivent aussi y être incités.


Quand aux réformes, elles doivent évidemment se poursuivre, voire s’accélérer : équilibre des comptes sociaux et réforme hospitalière, aménagement du territoire et simplification des strates administratives, réduction des dépenses publiques. Par ailleurs, les collectivités locales ne doivent pas s’exonérer de participer à cet effort de productivité sous le prétexte bien commode du désengagement de l’Etat.

 

Durant la campagne de 2007, le candidat Sarkozy avait estimé qu' "il fallait moraliser le capitalisme financier". Il avait également dit qu’il fallait dynamiser notre économie en la faisant respirer pour améliorer  son offre, sa compétitivité permettant ainsi de donner du travail et du pouvoir d’achat à nos concitoyens.

La crise ne lui facilite pas la tâche… Mais comme l’on dit : « C’est au pied du mur… »…..

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Published by jeff77 - dans Réformes
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commentaires

David C. 26/09/2008 02:11

Aujourd’hui, jeudi 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy a eu le courage de mettre sur table la question fondamental « remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial". "Je suis convaincu que le mal est profond et qu'il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton Woods après la Seconde Guerre mondiale » La Bataille pour un vrai Nouveau Breton woods est loin d’être gagné, il est important pour cela d’éduquer la population en particulier nos leaders politiques pour bâtir une vrai économie politique du develloppement physique et non financier au niveau internation.Veuillez lire à ce sujet l’intervention de Jacques Cheminade : Après le discours de Nicolas Sarkozy : encore un effort pour un Nouveau Bretton WoodsDavid C.