Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 17:54

Décidemment Ségolène Royal ne recule devant aucune polémique pour essayer de susciter une dynamique destinée à prendre le contrôle du PS. Des accusations sans preuve, des paroles outrancières, une mauvaise foi certaine, le recours à l’amalgame, rien de manque dans le répertoire de l’ex candidate à la présidentielle pour obtenir le titre tant convoité de premier opposant au chef de l’Etat que ce soit à l’intérieur du PS ou à l’extérieur dans sa rivalité avec François Bayrou.

 

Et elle n’ y va pas de main morte pour fustiger Nicolas Sarkozy et « son clan » comme elle dit, quitte à donner dans la démesure et l’outrance.  Sans vergogne, elle reprend la bonne vieille recette éculée de la victimisation qui lui avait valu un certain succès face à ses concurrents du PS lors du choix pour les présidentielles. Elle cultive donc savamment son image d’icône de la gauche telle Jeanne d’Arc voulant sauver le royaume de France.

 

Tout cela est-il spontané ?  Bien sûr que non, c’est un plan de communication bien établi, minutieusement orchestré et il suffit de faire un petit rappel chronologique:

- 28 juin présentation de sa contribution au cours de laquelle elle a comparé Nicolas Sarkozy à "mélange inquiétant de Silvio Berlusconi et de Doc Gyneco, avec une montre de 50.000 euros au poignet "

- La semaine dernière, elle a écorné le consensus national autour de la libération d'Ingrid Betancourt auquel s'était associé son rival Delanoé et la quasi totalité des dirigeants socialistes, en estimant que Nicolas Sarkozy n'y avait été" absolument pour rien" et qu'elle craignait une certaine récupération. Cela lui avait déjà valu une avalanche de réactions hostiles venant de son propre parti comme Jack Lang qui l’a accusé de « mesquinerie et d'un manque d'élégance mais aussi de l’UMP comme Christian Estrosi allant jusqu'à juger qu’elle avait "l'humanité d'un bigorneau"

- Mardi dernier, invitée par France2 pour le lancement de son livre, elle accuse sous le regard ébahi de son interviewer David Pujadas, indirectement et sans preuve, l’environnement du Président d’être responsable de la mise à sac de son appartement.

- Dans la foulée, elle dénonça, « les cadeaux publicitaires » faits aux amis du Président suite à la suppression de la publicité sur France2 oubliant que la gauche avait toujours voulu cette suppression sans en avoir jamais eu le courage.

- Enfin, dernier assaut contre « les amis et le clan » à propos de la « privatisation d’Areva » en faisant preuve d’amalgame et de mauvaise foi alors qu’il n’a jamais été question de privatisation mais d’ouverture du capital comme EDF et que dans le cadre de l’indépendance énergétique de la France, le traitement de ce dossier était primordial.

Ce besoin de polémiques « pour exister » n’est pas étranger à la bataille en vue du congrès du Parti Socialiste. La lutte pour son leadership est féroce d’autant que les sondages au sein du parti lui sont de moins en moins favorables. Le « tout sauf Ségo » va bon train même si la lutte fait rage entre ses adversaires.

Ségolène Royal sortira-t-elle gagnante vis-à-vis des militants socialistes contre les caciques du PS avec une telle attitude. Rien n’est moins sûr. Pour ma part, je ne regrette vraiment pas de n’avoir pas voté pour elle lors du 2ème tour des présidentielles.

L’image qu’elle donne tire plus vers l’inconséquence, la nervosité et la perte de sang-froid que vers la sérénité nécessaire à un chef Etat. Cette posture contribue également, je crois, à ternir l’image du PS en réduisant son avenir et ses ambitions à une banale querelle de personne. Mais là, elle n’est pas la seule.

Partager cet article

Repost 0
Published by jeff77 - dans Polémiques
commenter cet article

commentaires