Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 00:00

Je ne pense pas que la sincérité de Nicolas Sarkozy doive être mise en cause sur ces sujets qui touchent aux convictions de chacun. Doit-il pour autant utiliser sa fonction pour lancer un débat qui, par essence,  est passionnel  et ce au nom des valeurs qui doivent régir notre société ? Je ne le crois pas.

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Ainsi est rédigé la première phrase de l’article 2 de la Constitution. Depuis 1905, la laïcité est le socle de cet équilibre qui nous permet de vivre dans la tolérance des convictions et des croyances de chaque individu de notre pays, qu’il soit français ou étranger, et qui forge l’unité nationale.

La religion est d’abord une question de conviction et de démarche personnelles. Chacune d’entre-elles a ses règles de comportement, de morale et en finalité, l’espérance "d’une autre vie" dans l'au-delà. La mettre au même niveau hiérarchique dans le fonctionnement de la société française n’a donc pas de sens. C’est le respect de la laïcité dans le fonctionnement de l’Etat qui permet aux religions leur cohabitation et leur épanouissement.

Et puis, pensons à tous nos concitoyens non croyants ou agnostiques qui respectent d’autres valeurs que religieuses dans leur quotidien.

Je ne suis pas un intégriste de la laïcité, bien au contraire. Je suis pour le fait que chacun puisse vivre ses croyances en toute liberté, sans honte ou sans être mis au ban de la société.

Le Président de la République, s’il a des convictions personnelles,  est d’abord le garant de l’unité nationale et les français sont très attachés à ce rôle éminent de la fonction. La France a une histoire et des valeurs qui lui sont propres. Je ne souhaite pas que par des déclarations intempestives ou mal préparées, cette unité soit mise à mal.

 

Autre sujet : le devoir de mémoire. Là encore, je ne doute pas de la sincérité et volonté de Nicolas Sarkozy. De là à faire supporter à chaque enfant de CM2 la mémoire d’un enfant juif victime de la Shoah, laquelle Shoah est déjà étudiée depuis 2002 dans les programmes scolaires...  

De nouveau, nous avons l’impression d'une déclaration sans réflexion approfondie sur les conséquences. Non, monsieur le Président, faire supporter une telle responsabilité à un enfant de 10 ans n’est pas « un cadeau » mais une charge très lourde. Il semblerait d’ailleurs, qu’il y ait une tendance de faire évoluer cette proposition par la prise en charge de cette mémoire par toute une classe et non plus par un élève seul. Ce serait, je crois, une sage décision. Le chef de l’Etat doit prendre conscience que par son statut, chacune de ses paroles est décortiquée et a une portée considérable.

 

 

Si ces sujets  font débat au sein des milieux intellectuels, journalistiques et sont utilisés négativement par l’opposition, ce qui est « de bonne guerre » en cette période électorale,  je suis pas sûr au fond que cela passionne les français. La France a d’autres soucis immédiats et est d’abord en mal de confiance. Monsieur le Président, revenez donc à leurs attentes et à leurs espérances.

Partager cet article

Repost 0
Published by jeff77 - dans Société
commenter cet article

commentaires